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L’installation du nid

A L’annonce du confinement, tout d’abord, un grand « c’est pas possible » résonne en moi.

Non, ce n’est pas possible…les familles de France recluses, l’école à la maison, les entreprises en arrêt, …pour 15 jours…pour 1 mois…non, ce n’est pas possible !

Les maîtresses nous ont rendus les enfants le vendredi soir avec les cartables chargés. Que réalisent-ils exactement de cette annonce, de son impact ?

Dans un premier temps, faire face à l’urgence. Conseil de famille. On fait comment ?

Répartition des taches pour organiser le repli : assurer l’alimentaire tout d’abord, avant que tout ne ferme. Un Week-end pour se retourner. Ça va vite, on ne mesure pas vraiment encore tout ce que cela veut dire.

Et puis, sidération : je mesure l’impact de cette décision sur mon activité professionnelle.

Plus de formation, plus de sollicitations. Un horizon qui se vide. Comment faire pour maintenir une dynamique quand on vit sur le collectif ?

Pour autant, au départ, pas le choix : priorité aux enfants. Car les premiers jours d’école à la maison ne sont pas de tout repos. Les contraintes techniques s’enchaînent !

Et si je n’ai plus de formation en perspectives, j’ai quand même du travail à faire…donc, réaction…organiser un bureau collectif pour le télétravail et la télé-école…ça tombe, bien , je devais installer un bureau pour mon changement d’activité professionnelle. Donc, on y va ! Et qu’a-ton en stock pour répondre au besoin ? Inventaire du mobilier recyclable et matériel de bricolage. Et là vive l’économie circulaire, le D. I.Y, le home staging et le zero déchet !

On commence un agenda « confinement ». On y note ce qu’on doit faire, ce qu’on veut faire. Comment on planifie le temps de l’école, du travail, et les taches collectives. Car elles prennent de la place aussi ! Il n’y a pas d’autre cantiniers à la maison que les parents !…


Action, réaction. A la fin de la première semaine, on est à peu près calé techniquement et matériellement. On s’installe dans la situation. Juste, on se rend compte…

L’école à la maison, la continuité pédagogique, les enseignants qui font ce qu’ils peuvent pour faire face aux mêmes contraintes et, pour eux aussi, quand c’est le cas, s’occuper de leur(s) propre(s) enfant(s) !

Les enfants qui oscillent entre la posture « c’est les vacances à la maison » et « avec la maîtresse on fait comme ça »… Motiver l’un et arrêter l’autre dans sa frénésie du toujours plus…L’école à la maison ?

Ni l’école, ni la maison tout à fait. On a l’impression de faire des devoirs toute la journée, toutes les journées. Mais accompagne-t-on notre enfant dans l’apprentissage ?

Non, enseigner c’est un métier, un beau métier d’ailleurs. Et nous parents, dans cet accompagnement, on garde le fil, on essaye de maintenir un rythme de travail, de vie quotidienne… On essaye de comprendre les méthodes proposées, on essaye d’intégrer les besoins de nos enfants. On entretient, on ouvre aussi…on se fait prof de français, de maths, d’histoire, de sport, d’arts pastiques…On a parfois eu le sentiment d’être noyés…alors on fait des points réguliers, on pose les ressentis, priorise, étale sur les mercredi et We en fonction des besoins.

On expérimente de nouveaux outils, le travail avec l’ordinateur, la classe virtuelle, on s’

adapte…

On essaye de trouver l’espace qui convient à chacun.

Au bout du compte, notre complicité parents-enfants est renforcée. L’équilibre familial aussi. On se répartit les journées. Les enfants sont contents, d’avoir un papa*école aussi. Et, nous, cela nous permet de souffler. On en a 2, seulement, des enfants.

Et ils sont volontaires. Et ils n’ont aucun trouble d’apprentissage. Et on dispose d’un grand jardin.

Et puis, c’est l’occasion de m’inspirer à nouveau de « Apprendre autrement avec a pédagogie positive » d’Audrey Akoun et Isabelle Pailleau, d’accompagner les enfants au quotidien pour « apprendre à apprendre », de faire une part belle aux manipulations pour un kinesthésique, de partager le plaisir d’apprendre, ensemble.

Nous faisons la part belle aux arts plastiques et bricolages en tous genre… « Opération amphilile » pour comprendre la différence des milieux (eau-huile). Kit du scientifique eu à Noel ressorti pour expérimenter l’électricité, réalisation et écriture de cartes pour rester en contact…

Et, quand on peut, aller chercher sur nos réseaux des ressources. Les enseignants, en ordre de bataille, font face à la crise à leur manière, créent des espaces nouveaux de rencontre avec les parents, sont à l’écoute, et partage leurs outils. Ils mènent leur croisade de riposte pédagogique eux aussi.

Et puis, maintenant, on fait l’album photo de notre voyage intérieur, cela permet d’inclure le plaisir d’écrire…On le partage, on fait corps.

On est une famille, qui s’est retrouvée à travers ce grand chamboulement. Qui a trouvé son équilibre. Qui en a fait un BON.finement, où les relations sont apaisées…

« c’est bien aussi maman, le confinement. On peut prendre le temps, on fait des choses qu’on ne fait pas d’habitude… »

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